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Accident TGV : que cache le « manque de rigueur » ?

 

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Suite à l’accident du TGV d’Essais survenu en Alsace le 14 novembre, ayant causé la mort de 11 cheminots, la SNCF vient de présenter à son staff et à certaines organisations syndicales ses « décisions ». Au centre d’entre elles, le retour à une certaine forme de « rigueur ». Un des fondamentaux de la sécurité des circulations qui se serait donc émoussé au fil du temps. Apparaît en filigrane, dans les déclarations des directeurs, l’empilage de tâches parasites qui perturbent l’encadrement en charge de la veille sécuritaire et l'empêche d’assurer pleinement ses missions. Une problématique maintes fois soulevée par les intéressés et leurs délégués, sans que la moindre solution n'y ait été apportée. Pour leur part, les directeurs d’Etablissements devront désormais analyser les Evénements de Sécurité Remarquables dès le lendemain devant une autorité nationale. Quant à la réglementation elle-même, elle ne devrait guère évoluer. « L’entreprise ne manque pas de règles de sécurité, mais de rigueur pour les appliquer », résume Guillaume Pepy.

 

La SNCF accepte procède enfin à son mea culpa. Elle reconnait l’érosion de la « sécurité des circulations » des trains, se laissant même aller jusqu’à associer maladroitement dans ses propos 3 accidents aux causes tout à fait différentes. Le déraillement de Brétigny était incontestablement dû au un vieillissement du réseau classique connu de longue date et maintes fois dénoncé. L’Etat et la SNCF portent là une très lourde responsabilité, la dernière se rendant de plus coupable d’avoir dégradé l’organisation de la surveillance des installations et de ne pas y avoir consacré le personnel nécessaire.

A Denguin, la principale responsabilité relèverait… de rongeurs… Il aura fallu un concours de circonstances exceptionnel pour que leur action sur un câble provoque, à la suite d’un court-circuit, l’ouverture et non la fermeture d’un signal. Les installations de sécurité sont en effet conçues pour arrêter les trains lorsqu’un dysfonctionnement se produit, jamais l’inverse…

Quant à l’accident d’ Eckwersheim, à vrai dire, la SNCF demeure discrète sur les responsabilités, pointant une  « erreur humaine » sans l’identifier clairement. Des agents ont été « suspendus » depuis l’accident, des sanctions ont été annoncées, mais la SNCF reste totalement opaque sur le sujet.

 

Ainsi, les décisions retenues et mesures prises par la SNCF après l’accident de son TGV d’essais amènent-elles plus de questions que de réponses. Si le manque de rigueur est pointé du doigt, ses origines ne sont pas détaillées. Quelles décisions, quelles organisations, et quel environnement ont abouti au fil du temps à l’érosion de cette rigueur, pourtant fondamentale ? Alors membre du CSSPF, je m’interrogeais dès 1999 sur les risques d’érosion de la sécurité des circulations à la SNCF, notamment du fait de son organisation interne. Mais bien qu’ayant lourdement insisté sur la nécessité de créer un groupe de travail sur la question, je m’étais vu opposer un refus farouche et courroucé de la part de la direction de l’Entreprise. En 2012, le syndicat FiRST publiait un sondage réalisé auprès des cheminots… Quelques extraits ci-dessous portent sur la sécurité des circulations et l’une de ses composantes essentielles, la transmission des compétences.

SNCF et sécurité des circulations

Selon vous, le niveau de sécurité des circulations, depuis 20 ans :

1) 41 % Reste constant : la SNCF a su maintenir un niveau de sécurité acceptable face à toutes les contraintes qui ont pesé sur elle.

2) 37 % N’est plus la priorité pour la SNCF, les impératifs économiques prennent le dessus.

3) 12 % S’est amélioré : la sécurité des circulations reste la priorité absolue de la SNCF.

4) 4% S’est dégradé : la sécurité, c’est pour les vieux.

5) 4 % Ne se prononcent pas.

6) 2 % J’ai désormais peur de prendre le train.

 

Transmission des compétences

Pour vous, la transmission des compétences entre cheminots :

1) 81 % C’est une nécessité absolue dans laquelle l’entreprise ne s’implique pas assez.

2) 16 % Se fait bien, elle permet de bien appréhender ses missions.

3) 3 % C’est inutile, l’entreprise doit se moderniser, des compétences nouvelles doivent émerger.

Plus de 4 cheminots sur 10 exprimaient déjà des doutes sur la sécurité, un chiffre qui sur un tel registre doit alerter. Quant à la transmission des compétences, le résultat révèle une situation dramatique. Or, en matière de sécurité, la transmission des savoirs et surtout de la culture de la sécurité sont prépondérants.

 

Pour en revenir à l’accident survenu en Alsace, il ne semble donc pas que les responsabilités soient établies, ou publiées… A la Justice de trancher le moment venu et surtout, de porter ses investigations à tous les niveaux : hiérarchique, organisationnel, réglementaire, budgétaire, décisionnel… et de rendre une décision équilibrée. Force est de constater qu'ailleurs, cela n'a pas toujours été le cas !

En Espagne, la catastrophe de Saint-Jacques de Compostelle (79 morts et 140 blessés) avait conduit la justice à mettre en examen le gestionnaire du réseau. Celui-ci s’était rendu coupable d’avoir renoncé, pour des motifs budgétaires, à équiper la portion de ligne nouvelle empruntée par le train d’un système de sécurité qui aurait pu éviter l’accident, et dont sont pourvues la quasi-totalité des lignes nouvelles. Tout cela pour aboutir à la seule condamnation du conducteur !

Lors de la catastrophe de Zoufftgen (6 morts, 16 blessés), le cas de l’ « erreur humaine » est également relevé. La justice condamne 6 agents des CFL à des peines de prison avec sursis… Mais omet totalement d’examiner les raisons profondes, et connues de tous les professionnels, qui ont conduit à cette « erreur » (cliquez ici).

Espérons que cette fois, les « lampistes » ne seront pas les seuls à supporter le poids de ce drame. Pour l’instant, c’est mal parti.

"Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir". (Jean de La Fontaine).

 

 

Elections SNCF : FiRST vous remercie

 

FiRST tient à remercier tous les cheminots qui ont soutenu nos candidats présents sur les listes électorales communes FO-FiRST-CFE CGC.

Les résultats provisoires indiquent un léger fléchissement de nos scores électoraux CE : 9,16 % contre 9,40 % en 2014.

Ce scrutin s’est déroulé dans des conditions très particulières : réorganisation de l’Entreprise, réduction du nombre de bureau de vote, campagnes mensongères de la part de certaines OS, pillage de certaines de nos revendications historiques, irrégularités dans l’utilisation du système de messagerie interne, problèmes relevés dans le vote par correspondance, soutien inconditionnel de certains médias aux syndicats « représentatifs » avec une prime pour les syndicats d’accompagnement.

Autant d’éléments contre lesquels nous avons dû nous battre à armes inégales, d’autant plus que l’Entreprise ne nous a fait aucun cadeau. Notre statut de "non-représentatifs" au niveau national nous prive également de nombre de moyens dont disposent très largement nos "concurrents".

Même si nous pouvons ressentir une légitime déception, de ne pas avoir réussi à franchir enfin le cap de la représentativité nationale, nous pouvons être fiers de notre investissement et de nos convictions.

Nous avions obtenu 16 élus CE en 2014, nous en obtenons désormais 19 !

Nous maintenons notre représentativité dans les 8 CE acquis en 2014

Nous devrions avoir franchi le seuil des 10 % à Midi Pyrénées et Saint-Lazare

Et, pour info, nous sommes représentatifs au CE de l’EPIC de tête…

Notre travail a donc porté ses fruits !

Les résultats provisoires officiels des élections CE : cliquez ici

 

 

SNCF, déraillement du TGV : les conclusions de l'enquête toujours attendues

 

Les premières conclusions de l'enquête sur le déraillement du TGV d'essais n'ont toujours pas été révélées. Les appareils enregistreurs de paramètres ont été saisis par la justice après l'accident. La SNCF ne souhaite pas s'exprimer sur les causes possibles même si l'on peut être convaincus que, 4 jours après le drame, les experts sont certainement en mesure de se forger de premières idées sur les origines du drame.

La précipitation, condamnée par FiRST, n'est jamais de rigueur lorsqu'un accident fait des victimes. Toutefois, il est nécessaire que toute la lumière soit faite le plus rapidement possible.

Il est indispensable que la situation des blessés et des proches des victimes fassent l'objet d'une attention particulière de la SNCF.

Ci-dessous, le dernière communiqué officiel de la SNCF sur la catastrophe.

Le dernier communiqué officiel de la SNCF

Le bilan provisoire de l’accident est de 11 personnes adultes décédées. 42 ont été blessées et 17 sont encore hospitalisées. 53 personnes se trouvaient à bord de cette rame d’essais dont des ingénieurs et techniciens du groupe SNCF ainsi que quelques accompagnants.

Cet accident est un choc tragique pour SNCF. L’entreprise est avant tout soucieuse d’accompagner les victimes et leurs proches.

La procédure judiciaire n’autorise pas l’entreprise à communiquer aujourd’hui sur la liste nominative des victimes.

Lundi 16 novembre, une minute de silence en mémoire des victimes de l’accident, a été observée dans tout le Groupe SNCF, lors des prises de service.
Le même jour, les administrateurs du Conseil de Surveillance de SNCF et des Conseils d’administration de SNCF Réseau et SNCF Mobilités se sont réunis. Les organisations syndicales représentatives du personnel ont également été reçues.

Mardi 17 novembre, une cérémonie d’hommage est organisée en l’église de Mundolsheim à 18h30. Guillaume Pepy et Jacques Rapoport seront présents à cette cérémonie. Ils se rendront le lendemain au chevet des victimes et rencontreront les familles.
Les Présidents ont également nommé Philippe Laumin (direction Ingénierie et Projets de SNCF Réseau) coordinateur de la prise en charge des victimes et de leurs familles. 


Il s’agit du premier accident mortel d’une rame d’essais. Suite à cet accident, trois enquêtes ont été ouvertes :

 

  • Par la direction des Audits de sécurité de SNCF
  • Au titre de l’instruction judiciaire par le procureur de la République
  • Par le Bureau Enquête Accident Transports Terrestres (Ministère des transports)

 

Ces enquêtes viennent d’être lancées et donc il est encore impossible d’établir les causes de l’accident. L’enquête interne de la direction des Audits de sécurité devrait livrer ses premiers éléments factuels mercredi 18 novembre. Le relevage de la rame qui a débuté le dimanche 15 novembre se terminera en fin de semaine.

 

Tous les essais sont suspendus jusqu’à nouvel ordre sur la ligne Est-Européenne.

 

Une page Intranet SNCF (e-changeons.sncf.fr) ainsi qu’une adresse mailsolidarité Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ont été créées et des « livres de recueil » sont mis à disposition des agents qui souhaitent témoigner de leur soutien aux victimes et à leurs familles.

 

 

SNCF : élections professionnelles dans un contexte particulier

 

 

Les élections professionnelles du 19 novembre se dérouleront dans un contexte particulier. Dans la dernière ligne droite avant le scrutin, il est habituellement convenu de rappeler une dernière fois ses convictions syndicales, d’inciter un maximum de salariés à voter pour son organisation, de marteler ses positions, de publier un dernier tract, un dernier mail invitant à voter pour ses candidats.

 

Mais il y a des moments où l’émotion prend le dessus. Nous venons de connaître coup sur coup deux terribles drames. Près de 130 morts dans l’attentat barbare, à Paris et 80 blessés en « urgence absolue ». 11 cheminots qui ont perdu la vie dans le déraillement du TGV d’essais en Alsace, et une quarantaine de blessés à des degrés divers. Deux drames totalement différents mais dont la simultanéité décuple les effets.

 

La France est en deuil, la grande famille des cheminots est meurtrie. Il est difficilement envisageable, dans ces conditions, d’afficher ostensiblement des positions syndicales, des divergences, des revendications alors que le moment est au recueillement. Les orientations de FiRST en matière professionnelle et sociale sont publiques et connues. Nos candidats figurent sur les listes communes FO-FiRST-CFE CGC pour les DP et CE, et sur les listes FO – CFE CGC pour le Conseil d’Administration et le Conseil de Surveillance. Nous n’y reviendrons pas.

 

Dans ces moments qui invitent à la compassion, à la solidarité, à la lucidité et à la détermination, FiRST se contentera de vous encourager à voter le 19 novembre. Vous abstenir alors que la démocratie se voit menacée, ce serait la fragiliser. A vous de faire le bon choix, en votre âme et conscience. L'avenir de la SNCF et de vos acquis en dépendra.

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SNCF, déraillement TGV d'essais : un drame en cache un autre...

 

 

La France est sous le choc. L’attentat d'hier à Paris est le plus meurtrier survenu en Europe depuis Madrid en 2004 (191 morts, 2000 blessés). Sept lieux ont été pris pour cible par les terroristes. Le bilan provisoire de ces attaques est de 130 morts, bien plus que le 7 janvier lors de la fusillade à Charlie Hebdo. 17 morts avaient été dénombrés, et la France toute entière s’était levée pour exprimer sa peine et sa solidarité.

 

Alors que l’enquête sur les attentats bat son plein, et que la France toute entière exprime sa compassion envers les victimes, un autre drame vient de survenir. Ferroviaire, celui-ci. 10 personnes sont mortes dans le déraillement d’une rame d’essais TGV survenu à Eckwersheim, près de Strasbourg. Aux environs de 15h00, un train à grande vitesse effectuant des tests sur la Ligne Nouvelle, dont l'ouverture au service commercial est prévue en 2016, est sorti de la voie. L'avant du train a atterri dans le canal tout proche. Le reste de la rame s’est disloqué. Le TGV n'a jamais, depuis sa mise en service, connu un tel drame.

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Selon l’AFP, qui cite le directeur de cabinet du préfet d’Alsace, le train aurait déraillé « en raison d’une vitesse excessive ». Ségolène Royale, Ministre des Transports et son Secrétaire d’Etat se rendent sur place.

En savoir plus sur l'accident de TGV : cliquez ici

 

FiRST exprime toute sa tristesse et sa compassion envers l’ensemble des victimes et de leurs proches, qu’elles aient été touchées par des actes terroristes odieux ou par le dramatique accident de TGV. La France est en deuil.

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Elections SNCF : la boite à outils FiRST

 

 

Tract Transport Mouvement.jpgTract Infra V.jpgTract Commercial.jpgTract Fret.jpg

Tract Matériel.jpgTract ASCT.jpgTract SUGE.jpgTract administratifs.jpg

Tract Agence Paie et Famille.jpgTract Médicaux Sociaux.jpgTract ADC.jpgTract Cadres.jpg

Téléchargez nos revendications communes, par métier, en cliquant sur les liens ci-dessous :

Nos candidats au Conseil de Surveillance, au Conseils d'Administration Mobilités et Réseaux

Les candidats CS et CA Mobilités (cliquez ici pour télécharger l'affiche)

Affiches candidats CS CA Mobilités 2015.jpg

Les candidats CS et CA Réseau (cliquez ici pour télécharger l'affiche)

Affiches candidats CS CA Réseau 2015.jpg

pour contacter FiRST :

  • mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
  • Téléphone extérieur : 09 50 65 14 59
  • Téléphone SNCF : 78 28 57
  • Notre site Internet : www.syndicat-first.eu

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SNCF : concurrence ou coopération ?

 

 

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La privatisation du rail est effective pour certains trafics : fret libéré partiellement en 2003 et totalement en 2006, trains internationaux Voyageurs ouverts à la concurrence en 2010. Elle est d’ores et déjà programmée pour les trains restants. Pour les TER, elle devra intervenir avant 2019.

 

De nombreuses voix s’élèvent, de longue date, pour réclamer l’ouverture rapide des transports régionaux ferroviaires de Voyageurs à la concurrence : certains associations d’usagers,  opérateurs privés, décideurs politiques de tous bords… D’autant que la SNCF prête largement le flanc aux critiques. L’Entreprise historique a longtemps affiché ses préférences pour la coopération entre réseaux ferrés, tandis que, dans le même temps, elle lançait ses filiales à la conquête des marchés internationaux.

 

L’entreprise publique sert ainsi sur un plateau les meilleurs arguments aux promoteurs de la concurrence. Jacques Auxiette, responsable transports à l’Association des Régions de France, en profite pour enfoncer le clou : « c’est une situation ubuesque, contraire à la réalité du droit ». Des régions qui hésitent de moins en moins à faire part de leur volonté de s’affranchir de la SNCF et de ses cheminots (voir SNCF - Régions, je t'aime, moi non-plus).

 

Dans son information, FiRST revient sur les partenariats tissés entre la SNCF et d’autres opérateurs historiques. FiRST pointe aussi la présence plus discrète et concurrentielle de la SNCF  dans d'autres pays. Télécharchez le tract (JMR) en cliquant ici.

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