Suppression des Intercités : tous pourris ?

Les amateurs de trains, les défenseurs des Intercités, les cheminots qui aiment leur entreprise ont été atterrés en visionnant certains extraits des débats qui ont animé récemment l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. Evaluer nos décideurs politiques sur un simple échange relève bien sûr d’une grande subjectivité… Ceux qui président à l’avenir de la France ne doivent, certes, pas être jugés sur une seule impression, sur une vision par le petit bout de la lorgnette… Mais certains exemples ne témoignent-ils pas d'une réalité bien inquiétante ?

 

C’est avec une voix guère assurée que Cécile Dufflot a tenté de prendre, le temps d’une intervention, la défense des Intercités. Les brouhahas, qui couvraient le début de son intervention, en disent long sur l’exaspération des « représentants du peuple ». Supprimez, y a rien à voir ! D’ailleurs, tout le monde ne s'est-il pas déjà entendu sur l'éxécution des Intercités ? A commencer par les Socialistes. Les mêmes ont déjà mis en œuvre une réforme élaborée sous la Droite, qui fait désormais peser sur la SNCF le poids de la dette des infrastructures ferroviaires relevant de la seule responsabilité de l'Etat. Preuve que lorsqu'il s'agit de couler le rail, les grands esprits se rencontrent !

Le Secrétaire d’Etat aux Transports l'a rappelé, non sans malice : la composition de la commission Duron était "pluraliste" et pourtant, une certaine convergence d’idées semblait au rendez-vous. Certains n’ont pas signé le texte, le jugeant trop ou pas assez libéral. D’autres l’ont signé sans état d'âme, dont le représentant des Ecolos. Mais globalement, tout cela semble s'être très bien passé... autour d'une tasse de café ? On comprend mieux le malaise de la députée !

Quant à la SNCF, rappelons que c’est elle qui, dans l’ombre, a manipulé tout ce petit monde. Exactement comme pour la réforme du rail. Une société nationale des chemins de fer qui organise la suppression de ses propres trains… Ca, ce n’est pas vraiment nouveau. Mais on n’en avait perdu l’habitude depuis la Régionalisation des TER !

En fait, le plus choquant, ce n’est pas que l’on veuille tuer le train. Ce sont toutes ces manipulations, cette mauvaise foi qui entourent la démarche. Cette "étude" qui pointe les effets sans jamais rechercher les causes, qui n'a pour vocation que de servir d'alibi à des orientations arrêtées d’avance. Cette grosse couleuvre que d'aucuns avalent sans sourciller, avec complicité. Ce sont aussi cette connivence, cette arrogance affichées par ces "représentants du Peuple" qui traiteront sans doute demain avec la même désinvolture des sujets qu’ils n’auront pas mieux maîtrisés. Et qui s'autorisent de mépriser ceux qui portent des idées autres que celles qu'ils ont assimilées, sans recul, et de plein gré.

Sur les Intercités, le couperet semble tombé. Leur seule chance de survie repose sur l'éventuelle mobilisation des élus locaux et régionaux. Une dynamique qui a déjà fait ses preuves et a permis de préserver des dessertes TGV elles-aussi jugées non-rentables. Ce serait aussi l'occasion, pour certains autres décideurs politiques, plus proches de leurs électeurs, de prendre de la distance par rapport à des comportements qui n'honorent pas leurs auteurs. Nombreux étaient les cheminots se sentant trahis au lendemain du vote de la réforme ferroviaire. Il déclaraient déjà ne plus souhaiter voter. A méditer !

Signez la pétition "Touche pas à mon Intercité"

 

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