SNCF : Guillaume Pepy à Strasbourg

 

 

 

guillaume pepy strasbourg

Guillaume Pepy a fait une halte en Alsace ce vendredi 16 octobre, dans le cadre de sa tournée des Régions. Le Président de la SNCF était notamment accompagné de Jacques Rapoport, Président de SNCF Réseau et de Frédéric Saint-Geours, Président du Conseil de Surveillance.

 

But de ce déplacement : rencontrer les syndicats régionaux, quelques nouveaux embauchés et aussi écouter les projets des responsables politiques des trois régions appelées à fusionner : Alsace, Lorraine, et Champagne Ardenne. En principe, une seule convention TER serait appelée à remplacer les trois existantes.

 

FiRST a interpellé le Président sur des sujets régionaux, pour certains en lien en lien direct avec la politique nationale.

 

 

Sécurité des circulations en question – Régénération du réseau ferré

 

 

La première question FiRST s’adressait en priorité à Jacques Rapoport :

 

Depuis la mise en œuvre de la commande centralisée de la plaine d’Alsace, supprimant les AC dans 6 gares (environ 20 postes), divers problèmes ont été relevés :

 

  • Techniques :

 

panne informatique.gifUne coupure de courant a planté le système informatique pendant plus de 2 heures samedi 17 octobre. Conséquence : paralysie totale du trafic avec de nombreux trains arrêtés en pleine voie. Mais fait plus grave, ce dysfonctionnement a également engendré une panne de l’ensemble des liaisons : radio sol train, communication entre gares. Il s’agit là d’un grave problème de conception, voire de cahier des charges. Une panne simultanée des Installations de Sécurité et moyens de communication n’est pas admissible !

 

  • Conditions de travail des agents du PAI et capacité à gérer effectivement les opérations de sécurité et la circulation

 

stress.jpgLa gestion de la circulation par 2 secteurs, au lieu des trois préconisés par les agents, concentre un maximum d’opération sur un minimum de personnel. De fait, les agents concernés ne sont plus en capacité de superviser la circulation mais la subisse. Cet état de fait peut être dangereux sur le plan de la sécurité des circulations et peut, au mieux, provoquer des retards de trains suite à des loupés dans les modifications d’itinéraires. Que l’entreprise modernise pour économiser sur la masse salariale relève de ses choix. Mais quand cet économie est poussée à son paroxysme, elle peut devenir contreproductive et même dangereuse !

 

Réponse de Jacques Rapoport :

 

« tout le monde peut se réjouir de la modernisation ». « Des travaux sont en cours pour définir des solutions » aux dysfonctionnements. Les directeurs locaux devront d’impliquer dans la démarche. « Je viendrai sur place dans 3 mois » pour évaluer les mesures prises.

Sur la maintenance du réseau : « Nous avons un niveau d’investissement sans précédent. L’infra consacre 5 milliards à l’investissement alors que le fonctionnement coûte 4 milliards… La montée de la régénération se poursuit… Conséquences : la charge de travail provoque des difficultés pour Ingénierie et Travaux. Je rends hommage aux cheminots de Maintenance et Travaux ».

 

Fret : des agents désabusés

 

fret-sncf-3.jpgGrosse morosité chez les agents qui voient les trafics disparaître, entendent constamment parler d’une « productivité » essentiellement ciblée sur les suppressions de postes.

 

Certaines suppressions de postes anticipent la mise en place d’outils informatiques fiables, ce qui crée des difficultés (saisie des wagons).

 

FiRST interpelle le G. Pepy : « Y-a-il un signe d’espoir pour les cheminots Alsaciens ? »

 

Le Président répond qu’il y a trois raison d’espérer. La première est la victoire de Fret SNCF sur ECR. L’entreprise a récemment récupéré le trafic GEFCO que l’opérateur privé lui avait ravi à Montbéliard. La seconde est la présence « majoritaire » de Fret SNCF au Port Autonome de Strasbourg, malgré une forte concurrence. La troisième, ce sont les perspectives de développement du réseau « capillaire ».

Pas sûr que ces exemples suffisent à rendre le moral à des agents du fret, meurtris par les disparitions et autres transferts de trafics !

 

Voyageurs - EAS – vente exclusive de billets par Internet…

 

halte fraude.jpgFiRST : La mise en place de l’EAS sur certaines lignes (Molsheim) constitue une véritable invitation à la fraude. Son extension provoquera les mêmes effets. L’Entreprise peut-elle légitiment prétendre combattre le resquillage lorsqu’elle le favorise ainsi ? Il est évident que des opérations ponctuelles, même d’envergure, ne pourront juguler les effets pervers de la disparition de la présence humaine quotidienne !

 

guichets sncf.jpgLes agents commerciaux condamnent les encouragements à acheter les billets par Internet, la limitation de l’accès à certains tarifs par ce seul canal de distribution. Ils soulignent qu’une partie importante de leur charge de travail se situe en amont ou en aval de la vente de billets ailleurs qu’à leur guichet. Cela pose la question de la pertinence du jaugeage des postes sur le seul chiffre d’affaire.

La moitié des effectifs du centre ligne directe devrait être supprimée du fait de la disparition de la charge Thalys au profit de la Belgique.  Pourquoi la SNCF, qui détient une majorité de parts de Thalys, a-t-elle accepté ce transfert ?

 

La réponse :

 

Concernant l’EAS, le G. Pepy a reporté la responsabilité de cette politique sur certains régions, qui prétedent souhaiter la présence de contrôleurs dans les trains tout en imposant à la SNCF des économies dans le cadre des conventions TER. Le Président illustre ce double langage par l’attitude d’une région : « ils nous disent, il faut un contrôleur dans chaque train » mais ils font appel à un opérateur privé pour effectuer un audit visant à faire baisser leur contribution… C’est tout sauf net !». Et pour conclure sur ce point : « Il y a des endroits où les Régions paient » pour avoir des contrôleurs à bord.

 

Concernant la vente des billets exclusivement par Internet, toujours vigoureusement condamnée par FiRST : « quand on vend des billets à 15 €, vous êtes obligé de faire bosser le client ». Sauf que les renseignements et le SAV sont toujours assurés par les guichets, ce qui fausse la donne, réplique FiRST !

Pas de réponse sur le transfert de charge Thalys.

 

Matériel : pas de bonnes nouvelles

atelier sncf.jpg

 

Quel est l'avenir des PRM (Pièces Réparables du Matériel) au Technicentre de Bischheim ? Quelles sont les prochaines charges destinées à être transférées ? Quel est l'avenir de l'ingénierie du Technicentre ? Quel avenir pour les cheminots du Technicentre de Mulhouse ? Quel est l'avenir du Matériel au sein de SNCF, sachant que les prochaines rames pourraient être achetées avec la maintenance ? FiRST exige la ré-internalisation de toutes les charges transférées au "privé" et demande une véritable reconnaissance du savoir-faire des agents du Matériel !

 

Réponse :

Sur la charge de travail de Bischheim, la réponse de G. Pepy n’est pas de bon augure : « il y a 60 % de la charge de travail de Romilly qui se terminent ». Plus de TGV à rénover… Un « effort de solidarité pèsera tous les Technicentres ». Nouvelles rames TGV : « on achètera des trains, pas une prestation ferroviaire complète ».

Mais la question reste ouverte : qui assurera cette maintenance : les technicentres avec des cheminots, les technicentres avec des intérimaires, le secteur privé ? La réponse du Président n’est pas tout à fait rassurante !

 

Dessertes Voyageurs Intercités, multimodalité, concurrence TER

 

FiRST : Quels sont les objectifs de la Région Alsace au regard des possibilités que lui offrira, au plus tard en 2019, le règlement OSP ? La filiale de la DB ECR possède une licence Voyageurs ? A-t-on des informations sur les intentions de cet opérateur, dont la maison mère prône la coopération entre entreprises historiques ? Quel est l’avenir des TET sur la Région : nouvelle offre Eco, trains de nuit...

 

concurrence-déloyale.jpgEn clair, l’Alsace en appellera-t-elle à la possibilité de recourir à la concurrence ? D’après G. Pepy, il y aurait eu un changement de ton après la disparition du précédent Président du Conseil Régional : « du temps de Zeller, il n’avait que le mot concurrence à la bouche… Aujourd’hui, si le rapport qualité-prix est maintenu, il n’y a plus de raison de partir à la concurrence ». Quelque peu rassurants, ces propos doivent cependant être remis dans leur contexte : une seule convention devrait être établie par la nouvelle région, après fusion, et personne ne peut préjuger de son orientation…

 

intercités.jpgConcernant l’avenir des TET : « on a une bagarre à mener contre l’Etat… qui est propriétaire de la SNCF. Les Intercités sont financés à hauteur de 330 millions d’euros par l’Etat, mais l’Etat ponctionne 330 millions de taxes sur les TGV » ce qui fragilise les TGV. Le Gouvernement « s’est engagé à acheter pour 1 milliard » des nouvelles rames Intercités… Il faut désormais trouver l’argent pour financer cet engagement. Concernant d’autres types de trains : « OUIGO, c’est entièrement fait avec des cheminots, au RH 0077, et le taux de satisfaction est supérieur de 10 % à celui des TGV classiques ». Un exemple que le président de la  SNCF souhaite élargir. Et pour les cars : « on n’était pas demandeur. On s’est battu pour obtenir une distance minimale de 200 km. 100 km ont été accordés, on a perdu ». Pas de réponse sur l’avenir des trains de nuit.

 

Revalorisation des salaires et des pensions

 

FiRST fut la seule OS à réclamer une véritable revalorisation des salaires des actifs et des pensions des retraités. Nous avons dû insister pour obtenir une réponse… loin d’être satisfaisante !

 

Pour les retraités, « la caisse, c’est désormais une caisse d’Etat, c’est décidé », martèle la direction. Et de fait, Guillaume Pepy rejette l’entière responsabilité de la stagnation des pensions sur l’Etat. Un peu facile, d’autant que les syndicats n’ont jamais approuvé une telle externalisation, menée au prétexte de respecter de nouvelles normes financières.

 

zero euro.jpgPas mieux pour les actifs. Le Président évoque l’ « absence d’inflation, une croissance limitée à 0,5 %, et un GVT proche de 2 % par an » pour justifier qu’au niveau des « mesures générales, on ne peut rien faire ».

 

G. Pepy semble oublier que la politique salariale relève avant tout de choix budgétaires… et que la SNCF semble plus généreuse lorsqu’il s’est agi de reprendre à son compte près de 40 milliards de dette infra dans le cadre de la réforme du système ferroviaire de 2014. Un effort que les cheminots, eux, n’ont pas fini de supporter….

 

chronomètre.gifDifficile d’aborder plus en avant ces sujets, car Guillaume Pepy n’avait qu’une bonne heure à consacrer aux représentants du personnels, ce qui interdit de creuser le débat. En plus de son intervention orale, FiRST a remis au Président un certain nombre de propositions écrites visant à améliorer les dessertes ferroviaires en Alsace, en établissant ou rétablissant un certain nombre de correspondances rompues en dépit du bon sens.

 

Suite à la prochaine visite !

 

 

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