Pressions, conditions de travail, suicides : la SNCF, une entreprise pire que les autres ?

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Dans les années 90, la SNCF affichait l’ambition de devenir une « entreprise comme les autres ». Plus de deux décennies après, l’Entreprise a largement dépassé son but. A grands renforts de méthodes managériales d’outre-Atlantique, la gestion du personnel, transformé au passage en « ressource », a perdu progressivement toute humanité.

Fini les reclassements d’agents victimes d’inaptitude, les pathologies qui nuisent aux performances de l’Entreprise : c’est la porte dès que possible, des procédures de réforme accélérées, des salaires amputés.

Fini les approches adaptées aux situations particulières. Les services sociaux sont là pour ça, c’est leur boulot. C’est marche, crève, ou dégage.

Fini les véritables concertations, avant des réorganisations qui se superposent désormais à rythme accéléré. Les femmes et les hommes qui composent l’Entreprise ne sont plus qu’un obstacle à une « évolution » jugée indispensable.

Fini le dialogue social, inutile. Vive les études, les indicateurs biaisés, les barèmes censés relever la Qualité de Vie au Travail, qui dissimulent les réalités et servent d’alibis à de nouveaux reculs sociaux.

Fini la reconnaissance des efforts livrés par le plus grand nombre. Place aux dispositifs qui encouragent les rivalités, les déviances, les défis, l’autoritarisme, les pressions, les sanctions.

Fini l’esprit d’entreprise, la recherche de la qualité, la gestion fondée sur le bon sens, les repères, les fondamentaux du ferroviaire. Seuls objectifs : cultiver et soigner les apparences.

Fini les recours internes visant à faire respecter à l’Entreprise sa propre réglementation. Celle-ci invite ouvertement les mécontents potentiels à saisir les juridictions compétences.

Fini la SNCF chez qui on est fier de travailler, parfois de père en fils. En interne, tout a changé, tout a été brisé au profit du Dieu Productivité, et avec pour seule ligne d’horizon une concurrence débridée, déloyale et exacerbée.

A Saint-Lazare, un cheminot s’est donné la mort dans la nuit du 10 mars. D’une santé fragile, en conflit ouvert et prolongé avec sa hiérarchie depuis plusieurs années, reconnu par une Cour d’Appel comme victime de harcèlement moral, Edouard nous a quitté. A quelques pas, une autre cheminote affectée à RH, a fait très récemment une tentative de suicide « à l’issue d’un entretien avec la direction », selon un syndicat. Elle ne doit la vie qu’à l’intervention d’un de ses collègues.

Suite à une vague de suicides chez France Télécom, Christine Lagarde (Ministre de l’Economie, de la Finance et de l’Emploi) écrivait en octobre 2009 une missive à Guillaume Pepy. Extraits :

« …Les événements tragiques qui se sont produits au cours des dernières semaines chez France Telecom ont amené le Gouvernement à réagir promptement et vigoureusement… Je souhaite en effet que les entreprises dans lesquelles l'Etat est actionnaire soient exemplaires. C'est pourquoi, tout effort d'adaptation qui serait nécessaire pour renforcer la compétitivité de votre entreprise doit impérativement être mené dans le cadre d'une stratégie durable d'accompagnement humain, à même de traiter l'ensemble des situations personnelles ».

Au-delà des effets de scène, il est impératif et urgent que la SNCF rompe avec une gestion de personnel de plus en plus inhumaine. Cette fois, c’est la vie même des salariés qui est en jeu.

 

 

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